Vendredi 02 juillet 2021 lors de son discours de politique générale, Gabriel Serville, président de la Collectivité Territoriale de Guyane, a exposé les grandes orientations de la collectivité

Vendredi 2 juillet 2021, Gabriel Serville a été élu président de la Collectivité Territoriale de Guyane. Retrouvez en ligne le discours de politique générale du nouveau président de la Collectivité Territoriale de Guyane.

” Monsieur le Préfet de Région,

Madame et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Maires,

Monsieur le Président de la Cour administrative d’appel,

Monsieur le Président du Tribunal administratif,

Monsieur le Procureur général,

Monsieur le Commandant des forces armées,

Monsieur le Commandant de la gendarmerie,

Madame la Présidente du CESECEG,

Chers collègues Conseillers territoriaux,

Mesdames les Conseillères économiques et sociales,

Monsieur le Recteur,

Monsieur le Président de l’Université de Guyane,

Monsieur le Président du Tribunal de commerce,

Monsieur le Président du Tribunal judiciaire,

Monsieur le Président de la Cour d’appel,

Monsieur le Président du Conseil de Prud’hommes,

Monsieur le Directeur Régional des Finances Publiques,

Madame la Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Guyane,

Monsieur le Président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat,

Monsieur le président de la Chambre d’agriculture,

Madame le Bâtonnier de l’Ordre des avocats,

Monsieur le Consul du Brésil,

Monsieur le Consul du Suriname,

Madame la Consule de Haïti,

Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités,

 

A vous toutes et tous qui avez fait le déplacement, mais aussi vous tous qui nous suivez à la télévision, sur Internet ou à la radio, je veux dire merci d’avoir répondu présents pour partager ce grand moment d’alternance démocratique tant attendu par la population.

Je mesure la solennité du moment, alors que nous concrétisons aujourd’hui le message clair et sans appel envoyé par les Guyanais dimanche dernier : nous sommes prêts à écrire, ensemble, un nouveau chapitre placé sous le signe de la réussite collective.

Je veux remercier ici ma mère, mon épouse, ma famille et mes amis, les colistiers de la liste Guyane kontré pour avancer mais également ceux des listes Guyane sans limites et Changer d’air qui ont permis, par leur force, leur courage et leur responsabilité, de faire cette union qui a su renouer le lien qu’on croyait rompu entre les citoyens guyanais et la politique.

Je veux remercier particulièrement les collègues Jean-Paul FEREIRA et Jessi AMERICAIN qui, loin des guerres d’ego et d’appareil, ont accepté d’unir nos forces, aux côté des forces de progrès et toutes les forces vives, pour, enfin, sortir notre territoire du marasme dans lequel il semblait inexorablement plongé.

Enfin, à travers vous, c’est toute la Guyane que je veux remercier, celle qui coule dans nos veines, celle qui fait battre nos cœurs, celle qui nous unit aujourd’hui et pour toujours, peu importe nos divergences, peu importe nos différences.

Mesdames et Messieurs, la Guyane se trouve à un moment charnière de son histoire.

Et je vous le dis, nous n’avons d’autre choix que de réussir, ensemble.

Nous connaissons quasiment tout ou presque de la situation sociale, économique et culturelle du territoire.

Les diagnostics sont posés, les études faites, les prospectives réalisées et s’accumulent depuis les 20 dernières années.

Le temps de l’action est venu.

Nous avons réfléchi, beaucoup, longtemps, et nous disposons aujourd’hui de tous les éléments de réponse aux défis qui nous attendent à court, moyen et long terme.

Car ce n’est un secret pour personne, la Guyane dispose de tous les atouts nécessaires pour se hisser au rang de carrefour mondial d’excellences.

Et c’est dans ce contexte que je veux vous rassurer, tous autant que vous êtes : nous sommes prêts à démarrer le travail, dès la fin de ce conseil d’installation, afin de répondre à l’urgence mais aussi à placer les jalons d’une mandature placée sous le signe de la réussite collective ; une mandature où notre seule matrice, notre seule boussole sera la défense de vos intérêts et le respect des engagements pris auprès de vous.

Aussi, nous prenons acte, avec la population pour témoin, de plusieurs engagements en termes de postures, de valeurs et de méthodes.

La posture de cette Assemblée comme celle de l’Exécutif s’appuiera sur cette force démocratiquement dévolue par vous, population guyanaise.

Elle sera fondée sur les valeurs que nous portons : le respect, l’éthique, l’équité, la solidarité, la fraternité.

Elle sera aussi marquée par une détermination sans faille dans le nouveau rapport que nous établirons avec nos partenaires, en premier lieu desquels l’État et ses services en

Guyane, le Gouvernement et ses représentants, l’Europe et ses commissions.

Elle sera vérifiable à tout moment par la population, car nous rendrons concrète la transparence de nos travaux et de nos décisions, aussi bien lors des assemblées, mais aussi à l’occasion des échanges avec nos partenaires.

Nous n’attendrons pas 7 années pour rendre des comptes.

Au contraire, nous le ferons quotidiennement, et dès que nécessaire, en mettant en place des représentations de la Collectivité sur le territoire qui sont réellement dotées en moyens et en personnel.

Prioritairement, l’antenne de la CTG à Saint-Laurent-du-Maroni sera très fortement renforcée et les antennes des autres bassins également.

Le rééquilibrage territorial sera ainsi le grand chantier de ce début de mandature.

Nous renforcerons et innoverons les outils numériques au travers desquels tous les habitants pourront se connecter à toutes les informations utiles sur toutes les activités de la Collectivité.

Cela relève de notre volonté de combler l’abîme qui sépare le politique du citoyen.

Cette posture, c’est celle qui nous obligera à rechercher sans cesse la performance et l’excellence dans nos choix, dans le montage de nos dossiers, dans la force de notre unité.

Cela va donc impliquer un changement de méthode, pour une nouvelle façon de gouverner.

Comme je l’évoquais, dans les relations avec nos partenaires, nous veillerons à ce que la transparence permette des débats éclairés au sein de notre Assemblée mais aussi dans les instances où nous engagerons notre responsabilité.

L’État en Guyane exerce ses compétences et nous nous devrons de l’interroger autant que nécessaire sur son action dans les différents domaines qui lui reviennent.

Je pense à des questions essentielles comme l’immigration et le contrôle des frontières, sa politique en matière sanitaire et plus généralement sur les moyens pour la santé, ou encore la lutte contre l’orpaillage illégal.

Aussi, dans la même démarche de transparence au niveau des relations avec le monde économique et plus particulièrement au travers des grands projets d’investissement qui seront proposés, les conditions de tels investissements et le cadre des discussions avec nos interlocuteurs devront être clairs et connus de tous.

Car la transparence est une partie importante du nouveau contrat que nous signons aujourd’hui avec la population guyanaise, tout autant que l’exemplarité de l’action des Elus.

Oui, je l’affirme, nous sommes, en tant qu’Elus, des exemples que la population et surtout les plus jeunes d’entre nous doivent prendre en référence.

Sur ce point, je proposerai dans les prochaines semaines la rédaction d’une charte d’engagement moral, qui ira plus loin que la charte de l’élu local et qui sera proposée à la signature de tous les Elus de notre Assemblée.

Cet engament est un point fort de la nouvelle relation à mettre en œuvre avec tous nos concitoyens.

Il est aussi le point d’un travail important à mener pour rétablir la confiance avec la population, mais pas seulement, il est le premier jalon d’une équité à rétablir partout où il sera nécessaire de le faire.

Et, permettez-moi dans cette enceinte sur ce point en particulier, d’avoir quelques mots pour celles et ceux qui sont sur le terrain au service des Guyanais tous les jours ; je veux parler des agents de la Collectivité.

Je veux dire à chacun d’entre vous que dans l’attente de vous rencontrer et d’échanger, mon objectif prioritaire est de rétablir la confiance et l’équité au sein de la Collectivité.

Cet objectif, je vous propose de l’atteindre ensemble.

Chers concitoyens, chers collègues, je vous parle de changement de méthode, je vous parle de nouvelle gouvernance, parce que la situation de la Guyane appelle à ces changements fondamentaux.

Nous allons donc devoir aller vite mais nous allons devoir faire bien et au mieux des moyens actuels que nous allons auditer dès les prochaines semaines.

Cependant, nous allons devoir aussi poser les bases d’une action qui commence aujourd’hui, qui prendra forme durant les 7 prochaines années et qui se poursuivra après cette mandature.

Ces bases nous les axerons sur 2 piliers.

 

1. Le premier de ces piliers est : LA TRANSFORMATION DE LA SOCIÉTÉ GUYANAISE

L’objectif principal est tout simplement de remettre l’humain au cœur de toutes nos préoccupations et de toutes nos décisions.

Nous allons travailler à assurer l’épanouissement de tous partout en Guyane.

Aussi, nous commencerons par redonner la parole aux citoyens en mettant en place des rendez-vous citoyens réguliers sous la forme de rencontres thématiques, en partenariat avec les communes et les intercommunalités.

Nous validerons le principe de consulter la population dès que les sujets fondamentaux exigeront de le faire.

Et, nous relancerons le processus d’élaboration du projet Guyane qui est acquis comme étant la base de l’évolution du statut de la Guyane au sein de la République Française.

Nous finaliserons les chantiers lancés par nos prédécesseurs et nous lancerons une planification pluriannuelle de construction des établissements scolaires afin de réduire de façon drastique le nombre d’enfants déscolarisés.

Pour ce faire, nous interviendrons auprès des communes pour les écoles ; nous investirons prioritairement dans la création des moyens de l’écosystème éducatif : logements, internats, espaces culturels et sportifs.

Nous siègerons sans faillir dans les instances du Rectorat et nous travaillerons de concert avec le Rectorat à trouver les solutions idoines à la réussite de nos élèves.

Nous reverrons les politiques d’aménagement et de logement.

Pour réussir, nous travaillerons avec les municipalités et les intercommunalités à la simplification et la mise en cohérence des différents schémas liés à l’aménagement du territoire.

Je propose à notre Assemblée d’agir sans attendre sur le rattrapage du déficit en logement et surtout sur le mode d’habité.

Nous ne connaissons aucun frein sur ce second point qui est une compétence pleine de la collectivité.

Car pouvoir se loger dans un cadre de vie qui nous ressemble est une des conditions de l’épanouissement de chaque Guyanais.

Tout comme pouvoir se soigner sans que cela soit le parcours du combattant ou alors une absence totale de moyens de soins pour les habitants sur le territoire.

Nous reverrons avec l’ARS et les deux ou trois hôpitaux de Guyane toute la stratégie de déploiement des soins, notamment pour les zones les plus reculées du territoire.

La CTG a hérité de l’ancien Conseil Général l’expérience de la gestion des soins de proximité.

Il nous faudra revenir rapidement sur ces solutions permettant de rendre accessibles les soins de base pour tous les Guyanais et partout en Guyane.

C’est bien de la Guyane dans son ensemble à laquelle je pense quand je parle de transformation de la société ; la Guyane avec son caractère social et culturel fort et intemporel.

Notre épanouissement passe par l’expression la plus développée de notre nature humaine profonde.

La Guyane est issue de plusieurs cultures et c’est de la diversité de nos identités que nous puisons nos plus grandes richesses.

Comme notre main, si chaque doigt peut-être une culture, chaque doigt fait partie d’une seule et même main.

Et parler de cohésion, c’est aussi parler de se connaître donc de pouvoir se voir et se parler.

Mieux se connaître sur un territoire aussi vaste que le nôtre nécessitera de réussir en priorité à connecter numériquement tous nos territoires. Nous le ferons avec les technologies disponibles immédiatement.

Enfin, la transformation de notre société inclut de décréter l’excellence guyanaise en matière d’environnement et de transition verte.

En ce sens, très rapidement, nous déclarerons l’urgence climatique.

 

2. Le second pilier sur lequel nous fondons notre action qui commence aujourd’hui est celui de : L’ÉCONOMIE

De dire que la Guyane est remplie de potentiel pour projeter notre développement économique notamment est devenu une sorte d’incantation qui ne crée aucune réponse.

Particulièrement aux acteurs de l’économie guyanaise, je veux vous dire que là encore tout est question de postures et d’objectifs pour les responsables politiques certes mais aussi pour le monde économique.

Nous connaissons les limites de l’économie de transfert issue de l’économie de comptoir.

Nous savons depuis longtemps qu’il s’agit de changer de paradigme.

Je propose d’agir différemment sur les leviers d’appui à l’économie guyanaise.

Tout d’abord sur la base d’un choc fiscal qui va permettre de changer et d’augmenter les capacités budgétaires.

La fiscalité sera importante car il nous faudra réfléchir, avec l’État et avec nos parlementaires, à un nouveau système, mieux adapté, alors que l’Union Européenne vient de prolonger le régime de l’Octroi de mer jusqu’en 2027.

Aussi, nous engagerons avec le monde économique le travail qui proposera une alternative visant à mettre en place une fiscalité qui corresponde aux réalités des besoins des collectivités et des acteurs économiques.

Ce choc fiscal induit un choc budgétaire pour faire face aux enjeux du développement de la Guyane et les responsabilités de la Collectivité la plus importante de Guyane ne peuvent se tenir avec un budget aussi faible.

La CTG devra donc soutenir l’économie avec plus de force et de manière équilibrée dans le temps et sur tout le territoire.

Cela veut dire que nous devons lever les freins d’une économie endogène par la maîtrise d’un certain nombre de paramètres.

Nous avons fixé pour le début de cette mandature des secteurs d’activité qui auront besoin que cette maîtrise soit effective et efficace.

Je parle ici de l’agriculture qui nous amènera à obtenir la maîtrise du foncier agricole pour une réelle autosuffisance alimentaire.

Du bois, de la pêche et de la valorisation des ressources naturelles en général, qui exige que nous obtenions du foncier aménagé.

Nous travaillerons sur les mêmes conditions pour les autres secteurs productifs, mais vous l’aurez compris, une sorte de préalable immuable s’impose à nous et cela depuis des années.

La maîtrise du foncier est un objectif transversal qui conditionne tout le reste.

C’est pourquoi je ne souhaite pas vous décliner une énumération datée et signée d’une liste interminable de projets.

Mais, au contraire, je choisis de vous dire que nous ne gouvernerons pas éloignés des réalités et encore moins sous le dictat des intérêts venus d’ailleurs.

 

Mesdames, Messieurs, chers collègues, mes très chers concitoyens,

Nous avons ouvert un nouveau chapitre de l’histoire de la Guyane que nous voulons et allons écrire avec vous.

 

Le projet Guyane que j’ai évoqué tout à l’heure sera cette nouvelle page écrite que nous partagerons avec les générations futures.

Le projet Guyane sera, au-delà de la question statutaire, la base d’une fraternité des peuples de Guyane et de la réconciliation guyanaise.

 

Je vous remercie.”

Gabriel Serville, président de la Collectivité Territoriale de Guyane

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