Disparition du doyen des Teko

C’est avec tristesse que le Président de la Collectivité Territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre, a appris la disparition dimanche soir de Pi’a, Edouard Petit-Pied, doyen quasi centenaire des Teko, et de ce fait dépositaire de la mémoire de cette communauté ancrée dans l’histoire de la Guyane.

Né sur l’Inini dans les années 20, il vécu la majeure partie de sa vie sur la rivière Alawa (Tampok), jusqu’ à ce que les criminels qui pratiquent l’orpaillage illégal ne lui ôte sa compagne. Chamane respecté par sa communauté Teko, il était par ailleurs aussi reconnu par les Wayana, lui qui avait su au fil du temps allier les pratiques ancestrales des deux peuples.

Il aura arpenté durant de longues années la région du Haut-Maroni à la pagaie, à une époque révolue où les rapports humains respectaient des codes aujourd’hui disparus ou oubliés comme le troc ou une hospitalité dénuée d’intérêts personnels.

Véritable dépositaire de l’oralité Teko, il était un précieux diseur de Ba’ekwöt, littéralement « choses anciennes », ces récits qui portent l’essentiel des connaissances mythologiques, historiques et philosophiques de la culture Teko. Son caractère l’aura toujours poussé à privilégier une transmission généreuse de son savoir, et ainsi contribuer à la survivance du mode d’être et de penser de son peuple à travers les générations.

Edouard Petit-Pied s’était retiré depuis une quinzaine d’années à Montsinéry, chez sa petite-fille, la plasticienne Ti’iwan Couchili, où il a coulé des jours paisibles et continué à transmettre à ceux qui prenaient le temps d’écouter.

Rodolphe Alexandre et l’ensemble des conseillers territoriaux de l’Assemblée de Guyane tiennent à présenter à sa famille, à ses proches et aux membres de sa communauté leurs plus sincères condoléances, et saluent la mémoire d’un homme qui fait partie de l’histoire de la Guyane et de ses
cultures.

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