La Collectivité Territoriale ouvre le débat sur la charte européenne des langues régionales

Ouvert par Rolande CHALCO-LEFAY, 11ème Vice-présidente de la Collectivité Territoriale de Guyane, déléguée à la culture, au patrimoine, et aux identités, le 2ème forum sur les langues régionales de Guyane s’est tenu ce mercredi 24 février 2016, à l’Hôtel de la Collectivité Territoriale de Guyane. La question de la langue maternelle était au cœur des conversations, dans un territoire spécifique où la prise en considération des 12 langues de France et des 30 langues parlées en Guyane représente un facteur de réussite indispensable.

En présence du président de l’Université, des représentants, du Rectorat, des Affaires culturelles de la Guyane, de l’Unesco de Guyane, et devant une assistance, somme toute, composée essentiellement de passionnés et de spécialistes des questions des langues et cultures régionales, cette soirée-débat, avait la vocation d’apporter une contribution certaine, dans le contexte particulier d’une actualité marquée par l’adoption de la charte européenne des langues régionales par la France.

Compte tenu de l’environnement multiple, plurilingue et multiculturel de la Guyane et de la grande diversité des origines de ses locuteurs, les enjeux et les conséquences de la ratification de la charte des langues régionales soulève une problématique majeure et spécifique pour la Guyane. Dans son discours d’introduction, Mme Chalcot- Lefay a insisté sur la « diversité de la carte des langues en Guyane. Les défis à relever et la nécessaire prise en compte de la diversité linguistique et culturelle de la Guyane comme facteur de réussite du système éducatif. La richesse linguistique de la Guyane est un atout que nous nous devons de capitaliser ».

Bien que n’ayant qu’une année d’existence, la mission « Langues » au sein de la Collectivité Territoriale, effectue d’ores et déjà un travail considérable pour les langues et le patrimoine matériel et immatériel de la Guyane. Et ce, aussi bien, en accompagnant les associations culturelles, les autorités coutumières, qu’en effectuant une veille de valorisation des savoirs et d’encouragement de la pratique de la langue maternelle.

Avec la tenue de cette réunion, également en présence des conseillers territoriaux, Sau-Wah LING et Hervé ROBINEAU, la CTG manifeste ses préoccupations pour le respect de l’éducation des apprenants guyanais, en s’impliquant vigoureusement dans le combat pour la reconnaissance du droit des langues. Sensibles aux questions de la lutte contre les discriminations et de la sauvegarde du patrimoine des langues autochtones dites en danger, les participants n’ont pas hésité à poser des questions fondamentales pour les minorités. Quels engagements et quelle place pour les langues de Guyane, de la maternelle à l’université ? Quel avenir universitaire pour les langues de Guyane ? Quel est le sentiment d’identité et quelle ouverture sur le monde ?

Le forum des langues de Guyane donne un coup de projecteur annuel sur la dynamique de partage des pratiques et des connaissances sur et au service des langues. Également, cette soirée culturelle organisée par la CTG aura donné l’occasion de présenter quelques ouvrages didactiques et des projets de dictionnaires et de lexiques bilingues (créole guyanais, créoles bushinengue, langues amérindiennes). Elle aura permis de faire le point sur les dispositifs mis en place pour sauvegarder la langue en tant que pilier de tout individu. Le respect de la langue maternelle étant le fondement unique de l’apprentissage et le ciment de nos sociétés humaines.

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