Carnaval : à la découverte des premiers dancings

L’histoire des dancings du bal paré-masqué de la fin du 19è siècle à nos jours racontée par ceux qui l’ont vécu en partie constitue un privilège exceptionnel. Mercredi 7 février 2018 au soir, à l’Encre, Armand Hidair, historien de l’oralité, Henri Egalgi et Bernard Chari ont apporté leurs témoignages, assorties d’anecdotes devant une salle pleine. Salués en préambule par Rolande Chalco-Lefay,  Vice-présidente de la CTG déléguée à la Culture, au Patrimoine et aux Identités, qui déclarait « vous nous invitez à la découverte de ces lieux mythiques de plaisir, de frustrations où évoluent les touloulous et les cavaliers au rythme de musiques envoûtantes interprétées par de célèbres orchestres qui ont marqué l’histoire de la Guyane ».

Les souvenirs des trois conférenciers se sont enchaînés. Bernard Chari évoque son père Moïse Chari, originaire de la Martinique, qui débarque en Guyane en 1936, il anime le vidé dans un camion avec Eugène Octaville et Tibodo au trombone. Puis ils se rendent au Ti Balcon. Il meurt en 1961 d’une pleurésie après  avoir joué à Benzdorf (Surinam).

Henri Egalgi, lui a baigné une famille de musiciens, grand-père, père, ce dernier relance le Ti Balcon après 10 ans de fermeture.

Armand Hidair remonte à l’esclavage, dès 1838 où le code noir sévit toujours, les esclaves sont autorisés par le gouverneur à danser pendant le carnaval. Le premier lieu connu , au 117 rue Christophe Colomb, s’appelle « Le Château ». S’y tiennent des rendez-vous clandestins lors des bals parés-masqués. Les bals plus chics ont lieu au Casino. Cet endroit a souvent changé de nom. En 1912 le Casino théâtre domine la scène carnavalesque, puis il sera devancé par le Ti Balcon situé au n°1 de la rue du 14 juillet. Il disparaît en 1940 lors de la révolte des tirailleurs sénégalais.  Avant  1946, les orchestres ne jouaient que de l a musique. Progressivement le chant fait son entrée dans le dancing, la première femme à chanter dans un orchestre s’appelle Henrietta Volmar.

Fin des années 50 succédera « Le Soleil levant- Chez Nana » avec la destinée qu’on lui connaît aujourd’hui.

A l’issue de cette conférence unique, la vingtaine d’étudiants en Histoire, Lettre modernes et Langues et Cultures régionales présents se sont dits très impressionnés par ces témoignages inédits pour la plupart. Ils ont pu également découvrir que le carnaval guyanais n’était pas que festif car il comporte , en effet, une large part de faits historiques et culturels.

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