L’or et ses perspectives au-delà du débat public, en discussion à la CTG

Après l’avoir annoncé sur les ondes de Guyane la 1ère, ce mercredi 11 Avril 2018, le Président de la CTG Rodolphe Alexandre recevait les représentants des orpailleurs locaux à l’hôtel territorial, afin d’évoquer leur positionnement sur le projet de montagne d’or, actuellement en débat. Il a particulièrement tenu à être à leur écoute.

Si les acteurs de cette filière sont favorables au développement d’une telle entreprise en Guyane, ils souhaitent aujourd’hui voir s’élargir le champ des discussions avec la population. Selon eux, l’or et l’environnement minier bénéficient actuellement d’une image auprès des Guyanais qu’il s’avère nécessaire de réhabiliter.

Les faits montrent que la Guyane s’est bâtie notamment sur l’économie aurifère. Renier cette ressource, son exploitation, c’est oublier l’histoire et mépriser la culture qui s’est construite par ce levier. Pour certains, l’or est une affaire de famille, une intimité qui donne de la passion à leurs exposés. Cette réunion apparait pour eux, comme une opportunité de prise de recul afin de présenter un front uni avec un argumentaire clair pour les citoyens de Guyane.

Les socio-professionnels présents s’inquiètent de l’entrée dans le débat public de personnalités extérieures n’ayant aucun lien avec la Guyane et ses valeurs, dont les intérêts s’arrêteront au dossier montagne d’or, et qu’une fois le sujet clos, ils laisseront le territoire et ses difficultés.

Selon eux, leur présence accapare l’espace d’expression, met en péril la sérénité nécessaire à des échanges constructifs qui permettront à la population de se saisir des enjeux du sujet et de l’argumentaire nécessaire à une prise de position libre et éclairée. Ce débat se voulait « guyano-guyanais ». Ainsi, c’est la souveraineté de la population à décider de sa destinée par elle-même qui semble être remise en question.

L’avenir de la profession semble également être compromis. L’or est un des potentiels du territoire. C’est un secteur économique qui mérite de reprendre sa place dans la société guyanaise avec une véritable gouvernance reposant sur une stratégie différente de celle menée actuellement. Ils regrettent aujourd’hui le recul de l’artisanat dans ce secteur et les contraintes administratives qui pèsent de plus en plus lourdement sur les petits exploitants locaux.

Après avoir entendu leurs arguments, le Président Rodolphe Alexandre a souhaité leur exposer la stratégie que portera la CTG sur le sujet. Elle repose sur le transfert de la compétence minière, sur la base de l’expérience menée avec le pétrole. Il s’agit d’avoir une attitude responsable, l’or guyanais ne peut se résumer au pillage par des exploitants illégaux et à ses conséquences sur la population : l’usage du mercure qui impacte la santé des habitants, l’insécurité, la fuite des capitaux. Expertise à l’appuie, l’Exécutif ambitionne de meilleures retombées pour le territoire, par l’emploi et par la réforme fiscale de ce secteur, tout restant ferme sur la question de l’environnement : « la réglementation française se doit d’être observée ». Une meilleure maîtrise entrainerait une plus grande visibilité de tous sur les pratiques menées.

A l’issue de la rencontre, les avis ont convergé sur la nécessité de construire ensemble un argumentaire afin d’offrir la possibilité d’une meilleure vue d’ensemble à la population. Le débat passe par la mise en avant de points de vue divergents. Le « non » a eu l’opportunité de s’établir. Maintenant, il est temps que les partisans du « oui » s’expriment avec plus de visibilité et de précision.

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